L’examen de conscience d’Oumaouti
Prologue
Ce soir c’est la fin… Rideau sur Oumaouti Rathod et sur sa chienne de vie. Ma sortie sera certainement la seule chose que j’aurai réussie. Pas de rappel surtout. Je voudrai que l’on garde de moi l’image d’une artiste fatale, hors du commun.
J’en suis à mon troisième whisky, état idéal pour une révision de mon passage terrestre, pour l’inventaire d’une vie ratée, faite d’une cascade d’actes manqués ou tronqués.
A vingt-quatre ans, je n’étais plus que l’ombre de mon ombre, une espèce de silhouette anorexique aux longs cheveux noirs. Je cachais les énormes valises qui pendaient à mes yeux d’un profond marron clair, jadis si beaux, derrière d’énormes carreaux noirs. C’était à la mode disait-on, mais cela ne m’était d’aucune importance. J’avais fait le deuil de mon apparence et mes simili-Chanel n’étaient là que pour cacher honte et désespoir. Je ne vivais que pour les instants présents, que pour exister un tant soit peu.
Dans ce prestigieux restaurant quatrebornais, j’étais là mon verre à la main me foutant de l’ambiance terne et morose de l’établissement encore vide.
« Vous attendez quelqu’un? » Me demanda poliment le plouc de service qui m’avait apporté ma consommation.
« Oui. Je vais bientôt la retrouver, merci. » Lui répondis-je d’un ton sec, sans équivoque.
Les mecs, de toutes les façons, tous pareils, tous pourris, tous des cochons. Je ne pouvais les saquer et interagissais le moins possible avec cette vile moitié de l’humanité.
La conversation mort-née, je portai mon verre à mes lèvres et fermai les yeux… et là… comme aspirée dans un tourbillon, je débutai ma dite révision. Une myriade d’images tournoyaient autour de moi avant de se figer sur un écran noir en une fraction de seconde.
Retour vers le passé.
